Au Japon, au fil des saisons, certains aliments sont d'abord présentés en offrande avant d'être mangés.
Le kagami mochi du Nouvel An, les douceurs de Hinamatsuri, les ohagi de Higan ou encore les dango de Tsukimi : ces aliments accompagnent encore aujourd'hui de nombreuses fêtes et traditions japonaises.
Leurs origines et leurs significations sont différentes, et les habitudes varient selon les régions et les familles. Pourtant, le geste nous est familier : on offre d'abord, puis on mange à notre tour.
Parcourons une année au Japon à travers quelques-unes de ces traditions.
Janvier — Le kagami mochi du Nouvel An
À la fin de l'année, on installe traditionnellement un kagami mochi, formé de deux mochi ronds superposés, pour célébrer le Nouvel An.
Il est présenté pour accueillir Toshigami, la divinité du Nouvel An, et reste en place pendant les premiers jours de l'année.
Vient ensuite le Kagami Biraki, lorsque le mochi est retiré, partagé et mangé.
On peut notamment le déguster dans un oshiruko ou zenzai, avec des haricots rouges azuki sucrés. Selon les régions et les familles, il existe bien sûr d'autres façons de le manger.
Ce qui était présenté en offrande revient ainsi à notre table.

Mars — Les douceurs de Hinamatsuri
Le 3 mars, nous célébrons Hinamatsuri, la fête traditionnellement consacrée au bonheur et à la bonne santé des filles.
Dans les familles qui installent les poupées de Hina, on dispose devant elles différents mets associés à cette fête, notamment les hishimochi, ces gâteaux de riz colorés en forme de losange, et les hina-arare, de petites douceurs de riz multicolores.
Pour un enfant japonais, elles sont évidemment très tentantes !
Mais on les présente d'abord aux poupées de Hina, avant de les manger à notre tour.

Mars et septembre — Higan et les douceurs aux haricots azuki
Autour des équinoxes de printemps et d'automne a lieu Higan, une période durant laquelle de nombreuses familles rendent hommage à leurs ancêtres et se rendent sur les tombes familiales.
Parmi les aliments associés à Higan figurent les botamochi et ohagi, préparés à partir de riz et de pâte de haricots rouges azuki.
Leur appellation et leur préparation peuvent varier selon les régions et les familles. Ils peuvent être déposés devant l'autel familial en offrande aux ancêtres, avant d'être partagés et mangés.
Mai — Les kashiwa mochi de la fête des enfants
Le 5 mai, pour Kodomo no Hi, issu de l'ancienne fête de Tango no Sekku, les kashiwa mochi font partie des douceurs traditionnelles de cette période. Ces mochi fourrés à la pâte de haricots rouges sont enveloppés dans une feuille de chêne.
Lorsque j'étais enfant, chez nous aussi, on déposait les kashiwa mochi en offrande avant de les manger.
La feuille de chêne, qui reste sur l'arbre jusqu'à l'apparition de nouvelles feuilles, est associée à la continuité des générations. Le kashiwa mochi est ainsi devenu un symbole de prospérité de la famille et de croissance des enfants.
Été — À Obon, des aliments pour les ancêtres
Obon est une période importante de l'été japonais, pendant laquelle les familles accueillent symboliquement leurs ancêtres.
Les traditions varient beaucoup selon les régions et les familles : fruits et légumes de saison, riz, gâteaux, dango ou plats préparés peuvent être déposés devant l'autel familial, puis consommés par la famille.
Et ce geste ne se limite pas à Obon. Dans les foyers qui possèdent un butsudan, l'autel familial bouddhique, il est encore courant de déposer au quotidien un fruit, une douceur reçue en cadeau ou une spécialité rapportée de voyage, avant de la manger plus tard.
Automne — À Tsukimi, les dango sont pour la lune

À l'automne vient Tsukimi (月見), littéralement « contemplation de la lune ».
Lors de Jūgoya, on admire la belle lune d'automne et on lui présente traditionnellement des tsukimi dango, ces petites boules blanches qui évoquent la pleine lune.
Selon les régions et les époques, d'autres produits de saison, notamment le taro, peuvent également être offerts.
Et après avoir contemplé la lune ?
On mange les dango !
Cette année, pourquoi ne pas essayer chez vous, en France ?
Préparez vos dango, disposez-les près d'une fenêtre, sur votre terrasse ou dans votre jardin. Offrez-les d'abord à la lune, prenez quelques instants pour la contempler… puis dégustez-les.
Pour ce Tsukimi, Momoko vous propose une recette facile à réaliser à la maison : des tsukimi dango au tofu accompagnés d'une sauce mitarashi, cette sauce douce-salée préparée notamment avec de la sauce soja.
→ Découvrir notre recette de tsukimi dango au tofu et sauce mitarashi
Offrir… puis partager
Kagami mochi, hina-arare, ohagi, aliments préparés pour les ancêtres, dango offerts à la lune…
Les occasions sont différentes, tout comme leurs origines et leurs significations.
Pourtant, ce geste reste très familier dans la vie japonaise : présenter d'abord un aliment en offrande, puis le reprendre et le partager.
Mais pourquoi la nourriture occupe-t-elle une place aussi importante dans les offrandes au Japon ? Pourquoi mange-t-on ensuite ce qui a été offert ? Et pourquoi retrouve-t-on si souvent le riz, le mochi ou le saké ?
Pour comprendre ce qui se cache derrière ces gestes du quotidien, nous vous invitons à poursuivre la découverte dans notre article consacré à l'histoire et au sens des offrandes alimentaires au Japon.
→ Pour aller plus loin : Pourquoi offre-t-on de la nourriture au Japon ?
Tsukimi Dango par Momoko
Cocktail Ichigo Kiss au saké et à la fraise
Cocktail japonais au thé vert, Gin Setouchi Lemon et yuzu